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LES TROUBLES DE LA MEMOIRE
La mémoire
fonctionne grâce à plusieurs systèmes
différents.
La mémoire
à long terme concerne les informations que nous avons
mémorisées.
En début de
maladie, ce sont d’abord les faits récents qui ne
sont plus traités, et donc oubliés.
Puis, il y aura un processus d’effacement des souvenirs,
remontant petit à petit l’histoire de la personne
et les évènements survenus tout au long de sa
vie.
La mémoire
à long terme est constituée de deux
entités :
- La mémoire épisodique,
qui va correspondre aux évènements de notre
histoire personnelle. Par exemple, la personne oubliera
d’abord la naissance de son dernier petit-enfant, puis le
mariage de son fils, et enfin la naissance de son propre enfant. On
retrouve souvent un maintien des souvenirs de la petite enfance.
- La mémoire sémantique
qui, elle, est constituée de connaissances apprises.
Ainsi, on se souvient du nom des capitales de pays, même si
nous ne les avons pas visités.
Certains souvenirs seront
préservés de tout oubli, d’autres
disparaîtront rapidement.
Cela est différent pour chaque malade. Il est parfois
déroutant de voir que certains
éléments restent vivaces.
Cette perte de
mémoire entraîne chez la personne une
pseudo-réalité qui n’est pas la
nôtre.
Si elle a perdu 20 ans de
souvenirs, elle se croit 20 ans plus jeune et dans le quotidien qui
était le sien à cette époque
là. C’est ce qui peut expliquer des demandes qui
peuvent nous sembler délirante. Comme le
phénomène d’oubli poursuit son
œuvre, on voit la personne modifier sa perception de sa
réalité au fil de la maladie.
La mémoire de
travail nous permet de garder en mémoire des informations
pour une utilisation immédiate : faire un numéro
de téléphone, se souvenir devant le placard de ce
qu’on était venu chercher, etc.
Elle est normalement
très fragile. Si quelqu’un nous demande quelque
chose alors que nous sommes en train de faire un numéro de
téléphone, cela nous déconcentre et le
numéro est définitivement perdu. Elle est de
court terme et limitée en nombre d’informations.
Nous savons qu’une personne normale peut, en moyenne,
maintenir dans cette mémoire entre 5 et 9 informations
différentes. Dans la maladie elle devient encore plus
petite, on descend à 2 ou 3 éléments,
et chez certains malades à 0. C’est ce que
l’on appelle un oubli à mesure.
A la fin de la phrase, la personne a oublié ce
qu’on vient de lui dire.
C’est un
phénomène qui rend l’accompagnement
particulièrement difficile.
Toutes les malades ne subissent pas une destruction aussi importante de
la mémoire de travail.
La mémoire
procédurale correspond à
l’automatisation d’un apprentissage.
Souvent on ignore que l’on fait appel à cette
mémoire. C’est elle qui intervient dans
l’apprentissage du vélo par exemple.
C’est aussi une mémoire qui s’inscrit
dans le corps. Elle est très solide.
Ne dit-on pas que lorsqu’on a appris à faire de la
bicyclette, que cela ne s’oublie pas…
Ces apprentissages perdurent longtemps. On peut faire appel
à cette mémoire procédurale
même à un stade évolué de la
maladie. De nouveaux automatismes, simples, peuvent chez certains
patients être mis en place.
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